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Du tripalium au trip à l’hélium !

Le travail à cœur

Publié le 2 Février 2013 in Articles

Le travail à cœur

Le travail à cœur

Pour en finir avec les risques psychosociaux

Yves Clot, coll. La Découverte – mai 2010

Quand Yves Clot, titulaire de la chaire de psychologie du travail du CNAM réagit à chaud aux suicides en série sur le lieu de travail qui ont fait la une de l’actualité l’an dernier, c’est pour casser quelques idées reçues et quelques fausses solutions.

Il part d’un constat : les français sont, en Europe, ceux qui accordent le plus d’importance au travail, mais qui en même temps souhaitent le plus voir sa place diminuer dans leur vie, et interroge ce paradoxe. Les français aiment le travail bien fait, mais la qualité est de plus en plus souvent empêchée par les organisations. Aussi, ils sont parmi les moins satisfaits du travail en Europe, et souffrent plus qu’ailleurs du stress.

Comment lutter contre cette souffrance ? Yves Clot ne mâche pas ses mots, car l’indignation est utile: les responsables des RH passent plus de temps à être en conformité avec la loi qu’au contact des équipes. Trop gestionnaires ou trop juridiques. La santé au travail devient un argument financier, ne peut s’envisager que sous le signe d’une augmentation de la productivité en entreprise.

La réponse de l’Etat, elle, s’inscrit dans la gestion des plus fragiles, avec des dispositifs experts de détection et de prévention. C’est la culture du résultat, du court terme qui l’emporte, avec une volonté de cicatrisation rapide, et des mesures ministérielles précipitées. L’expertise pénètre aussi le syndicalisme.

L’hygiénisme, sans être diabolisé, est aussi la cible d’Yves Clot, qui selon lui sert d’amortisseurs à la pression productiviste, et produit un « réflexe » prophylactique.

Alors, que propose-t-il pour en finir avec les risques psychosociaux ? « La seule « bonne pratique » est la pratique de la controverse sur le travail bien fait, et d’abord entre pairs », affirme-t-il. Redonner la parole à ceux qui font. « Le bien-faire indexé sur une tradition professionnelle vivante est donc le lest du bien-être ». Encore faut-il que les salariés soient vus comme des « connaisseurs », et pas seulement comme des « plaignants » par les organisations !

Philippe Masse

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